Bois énergie > Données chiffrées

BOIS ÉNERGIE : QUELQUES ÉLÉMENTS DE CONJONCTURE DE LA SAISON DE CHAUFFE 2017/2018
La saison de chauffe 2017/2018 n’est pas encore terminée, mais les premiers éléments de conjoncture confortent l’idée d’un marché en plein développement ! Retrouvez ci-après l’analyse de l’enquête réalisée par le CERC Auvergne-Rhône-Alpes, en partenariat avec l’interprofession Fibois Auvergne-Rhône-Alpes.

 
Le bois bûche, la première source d’énergie renouvelable mais une activité stable
 
Le bois bûche est la première source d’énergie renouvelable à l’échelle nationale et régionale. En Auvergne-Rhône-Alpes, c’est près de 2,5 millions de mètres cubes (équivalent bois rond) qui sont ainsi consommés pour satisfaire aux besoins des populations.

(Source image : Pixabay)


Elle constitue la source de bois énergie « historique », et naturellement ces marges de développement sont beaucoup plus contraintes dans la mesure où, d’une part les nouvelles habitations peuvent opter pour d’autres formes d’énergie (granulé y compris), et d’autre part car les efforts portés sur la performance thermique des bâtiments réduisent les consommations unitaires.

Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de constater que l’activité, relevée directement auprès des professionnels du secteur, est stable cette année. La baisse des volumes produits et commercialisés par certains producteurs est compensée par l’augmentation chez certains concurrents.

Ainsi, les conditions climatiques ne semblent pas avoir engendré d’importantes évolutions sur les chiffres régionaux, même si localement certains producteurs corrèlent l’évolution de leur production à ces conditions climatiques, aussi bien à la hausse, qu’à la baisse, ce qui confirme qu’il n’y a pas une tendance générale sur la question.

Les outils de production ont, en moyenne, fonctionné à 69%, témoignant une nouvelle fois que l’activité a été bonne mais qu’il existe des marges de progrès afin d’optimiser les installations. Ce constat est d’ailleurs confirmé par le faible taux de réinvestissement (moins de 20% des producteurs envisagent d’investir dans leurs outils dans les années futures), en lien avec la sous-utilisation des investissements existants.

Ce dernier constat peut également s’expliquer par la question de la concurrence forte avec le marché parallèle, que les entrepreneurs  jugent clairement comme de la concurrence déloyale, qui freine les évolutions tarifaires, et ne permet pas d’envisager sereinement de nouveaux investissements. D’autant plus que la majorité des entreprises n’anticipent aucune amélioration de leur niveau d’activité sur les trois prochains mois.

Le bois déchiqueté, une activité différente suivant le type de consommateur, mais qui reste en plein développement
 
La consommation de bois déchiqueté a connu une réelle augmentation avec le déploiement des réseaux de chaleur, et notamment des réseaux de chaleur urbains. Elle atteint aujourd’hui, à l’échelle de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, près de 1,3 millions de mètres cube (équivalent bois rond),  uniquement pour les besoins énergétiques (d’autres utilisateurs peuvent avoir besoin de bois déchiqueté, dans le cadre de process industriels), et dont 0,9 millions de mètres cube sont issus de forêt. (Source image : Pixabay)

Ce développement  connaît presque un facteur 4 depuis le début des années 2000 ! Il se traduit naturellement sur l’activité des entreprises du secteur.

Ainsi, près de 40% d’entre elles envisagent des projets d’investissement à moyen terme, afin essentiellement d’étendre leur activité, ce qui confirme une bonne confiance en l’avenir.
Ceci s’explique aussi par le fort taux d’utilisation des outils de production (60% des entreprises utilisent quasiment à 100% leurs installations) qui pourra se heurter à l’avenir aux besoins supplémentaires.

Il existe néanmoins une différence entre le marché de la plaquette sèche et celui de la plaquette humide. Si ce dernier concerne essentiellement les grosses chaufferies, minoritaires en nombre mais qui absorbent la majorité des volumes, il est intéressant de souligner que ce marché est resté relativement stable sur les trois derniers mois, par rapport à la même période de chauffe de l’an passé.

A l’inverse, le marché de plaquette sèche s’avère plus dynamique, grâce à la hausse ressentie du volume de vente par les professionnels.

Cette dichotomie est difficile à expliquer, mais pourrait trouver sa source dans la typologie des projets. En effet, les grosses installations, qui consomment la plaquette humide, sont très souvent installées en milieu urbain, là où l’acheminement d’énergies concurrentes, tel que le gaz naturel, est plus facile. Dans ces conditions, les exploitants de ces installations peuvent optimiser leur rentabilité économique en ayant recours, suivant l’évolution de leur prix, à différentes énergies. En d’autres termes, dès lors que le prix du gaz naturel est bas, la demande en plaquette humide tend à se stabiliser. A l’inverse, les installations en milieu rural, généralement de taille modeste, consommant de la plaquette sèche, sont moins sujettes aux grosses variations des coûts des énergies, d’une part car le panel d’énergies possibles est réduit, et d’autre part car elles sont souvent gérées par des services « internes », moins qualifiés pour optimiser leur fonctionnement.

L’autre hypothèse possible, qui peut très bien se combiner avec la précédente, est l’effet des marchés extérieurs, et des régions limitrophes en l’occurrence, dans la mesure où le bois déchiqueté ne peut être transporté au-delà, compte tenu de sa faible valeur ajoutée. Or, la mise en service retardée de la centrale de cogénération située à Gardanne a eu un effet notable sur les flux de bois interrégionaux. Certains approvisionneurs de cette centrale ne pouvant pas écouler la totalité des stocks qu’ils avaient préalablement constitués en vue de la mise en service, ont dû trouver d’autres débouchés, y compris en Région Auvergne-Rhône-Alpes, historiquement très consommatrice. Ce phénomène a accentué la concurrence, ce qui peut expliquer en partie que les professionnels régionaux ont au final constaté une certaine stabilité de leur activité.

Les chefs d’entreprises restent optimistes quant à leur niveau d’activité sur les trois prochains mois, en rapport à une période identique de l’année précédente. Ils misent même sur une progression de leur volume de vente, aussi bien sur les plaquettes humides que sur les plaquettes sèches.

Il est très intéressant de souligner que peu d’entreprises identifient la disponibilité de la ressource comme un frein à leur développement (moins de 20% des entreprises enquêtées). Cela est de nature à rassurer sur leur capacité à assurer la production et la livraison de volumes supplémentaires, et lien avec les futurs besoins pour les nouvelles chaufferies à venir.

Le granulé, un essor confirmé par l’activité des professionnels
 
Les outils de production et de distribution de granulé ont fonctionné quasiment à plein régime lors de la première partie de la saison de chauffe 2017/2018. Leur taux d’utilisation « moyen » est de l’ordre de 85% (hors distributeurs de granulés en sac, non enquêtés du fait de la multiplicité et de la variété des points de vente).

Ce fort taux d’utilisation est naturellement corrélé à un environnement propice à l’activité, et un volume de vente en progression sur un an. La première raison évoquée, pour expliquer cette augmentation, est le développement du marché (nouvelles chaufferies) et, dans une moindre mesure, la rigueur climatique.

D’un point de vue économique, cette optimisation des outils de production par un fort taux d’utilisation, qui a un effet bénéfique sur l’impact des charges d’amortissement dans le coût de revient du granulé, devrait théoriquement permettre d’offrir des marges de nature à conforter  et à rassurer l’activité des producteurs. Or, leur première préoccupation reste le prix de vente de leur produit.

Ce constat peut s’expliquer de deux manières : d’une part l’effet de la concurrence, très marqué dans le secteur, qui implique nécessairement une optimisation des outils de production pour rester compétitif, et d’autre part l’impact du coût de la matière première. En effet, la première source d’approvisionnement reste la sciure issue de l’activité de la première transformation. Cette dernière ne suivant pas du tout les mêmes courbes de développement, cela implique une certaine raréfaction de la matière, d’où une tension à l’origine de l’augmentation des prix d’achat. Cette question de la disponibilité de la matière première est d’ailleurs une des préoccupations majeures des entreprises enquêtées. Ainsi, l’effet bénéfique du fort taux d’utilisation sur le coût de production se trouve en partie compensé par l’effet négatif de la tension sur la matière première.

Heureusement, l’activité reste soutenue, et, d’avis des entrepreneurs, les volumes de vente de granulés et les prix sur les trois prochains mois devraient à nouveau augmenter comparativement à l’année précédente.

 

REVENIR A LA PAGE PRECEDENTE