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38 / 73 - VALIDATION DU PLAN SYLVICOLE TERRITORIAL DE CHARTREUSE

-          Qui sont Sylv’ACCTES, et quelle est leur démarche ?

Sylv’ACCTES est une association loi 1901, créée en 2015 grâce à trois financeurs : le Conseil régional Auvergne Rhône Alpes, la Métropole du Grand Lyon et la banque Neuflize OBC ABN AMRO. Son objectif est de financer des actions de gestion forestière vertueuses, contribuant par exemple au stockage de carbone, à l’augmentation de la biodiversité en forêt ou à la protection de la ressource en eau, par exemple. De ce fait, Sylv’ACCTES a été reconnu d’intérêt général en 2018. C’est un comité technique constitué de nombreux experts, relativement pluridisciplinaire, qui est chargé d’évaluer et de valider les projets déposés

-          Depuis combien de temps Sulv’ACCTES et le PNRC travaillent-ils ensemble pour la mise au point de ce PST ?

Le PNRC a officiellement adhéré en tant que candidat porteur d’un PST à la fin de l’année 2018. Cependant, les contacts entre les deux entités ont commencé un peu plus tôt pour une réflexion préliminaire. 2019 a été l’année charnière du projet, pour finalement arriver à la validation du PST en janvier 2020. Il y a eu un travail conséquent de concertation des acteurs et gestionnaires forestiers pour la sélection des itinéraires sylvicoles et la rédaction du PST. Y ont participé l’ONF, les Communes Forestières, le CRPF, la Chambre d’Agriculture, Coforêt ainsi que des gestionnaires indépendants. Le projet a également été présenté aux associations de protection de la nature partenaires et aux intercommunalités adhérentes au Parc.  Ce sont donc trois itinéraires sylvicoles qui ont été retenus pour ce PST.

-          Quels sont ces trois itinéraires choisis, et comment ont-ils été établis ?

Nous avons essayé de suivre une certaine logique pour retenir les itinéraires. Il fallait que chaque étage de végétation soit représenté (car la Chartreuse s’étend depuis des sommets de plus de 2000 mètres jusqu’à de basses plaines alluviales), et nous avons aussi naturellement réfléchi aux essences représentatives de notre territoire. Chacun des itinéraires choisis a été noté par le comité technique de Sylv’ACCTES, selon les quatre critères suivants : stockage de carbone, biodiversité, impacts économiques et écosystémiques.

Le premier itinéraire est « l’amélioration des peuplements irréguliers mixtes à majorité résineuse ». Dans les Alpes, ces forêts se retrouvent dans les étages montagnard et subalpin, allant plus ou moins de 800 à 1800 mètres d’altitude. On y retrouve typiquement en Chartreuse un mélange de Sapin, d’Épicéa et de Hêtre sous une forme irrégulière, c’est-à-dire avec des tailles et des diamètres variés. Le but est donc d’améliorer ces peuplements et d’éviter leur régularisation, qui est le risque lorsqu’il y a un manque de gestion.

Ensuite, le second itinéraire prévoit la « conversion de futaies régulières (ou régularisées) résineuses en irrégulières ». Sur les étages collinéen et montagnard (de 500 à 1500m), il s’agit avec cet itinéraire d’anticiper les impacts du changement climatique, en favorisant la régénération naturelle spontanée, voire en enrichissant les peuplements avec de nouvelles essences plus adaptées. Les bénéfices visés sont aussi l’amélioration du paysage et de la biodiversité en évitant les coupes rases.

Le dernier itinéraire concerne l’ « irrégularisation et l’amélioration des peuplements feuillus ». En effet, on constate sur le massif de la Chartreuse des stations très favorables à la culture de feuillus de qualité, qui sont des essences trop peu valorisées. Malheureusement, par délaissement, les feuillus qui s’y trouvent sont souvent de mauvaise qualité malgré un fort potentiel.

-          Qui peut en bénéficier ? Jusqu’à quel taux peut-on être aidé ?

Les propriétaires publics et privés peuvent bénéficier des aides. Pour les communes, il est possible d’être financé à 40 % (HT), avec la condition que la forêt soit régie par un aménagement et qu’elle ait un engagement avec PEFC ou FSC. Les propriétaires privés, quant à eux, peuvent toucher jusqu’à 70 % (HT), à condition que leur forêt justifie d’un document de gestion, type PSG ou CBPS+.

Dans tous les cas, le calcul des aides versées se fait sur présentation d’une facture ou d’un devis. Un des avantages de Sylv’ACCTES est que l’instruction du dossier et le versement du paiement sont relativement rapides.

-          Quelle est l’aire géographique concernée ?

C’est l’ensemble des communes adhérentes au PNRC qui constitue la surface d’effectivité du PST. Le Parc étant actuellement en révision de Charte, il est possible que de nouvelles communes adhèrent dans un futur proche, et celles-ci devraient normalement pouvoir bénéficier du PST.

-          Où aller pour poser un dossier ?

Sur le site de Sylv’ACCTES, toutes les informations sont disponibles, et il est possible de télécharger le dossier vierge à remplir.

-          Est-il possible d’être aidé et conseillé dans notre démarche ?

Bien-sûr ! Le personnel de Sylv’ACCTES peut être un interlocuteur pour accompagner les volontaires, ou bien moi-même du côté du PNRC. Pour les forêts publiques, les communes peuvent aussi contacter leur technicien d’UT à l’ONF.

-          Quand reçoit-on les aides ?

Les aides sont reçues après la réalisation des travaux. Lorsque le dossier est validé, le demandeur dispose de deux ans pour réaliser ses travaux. Ensuite, il doit effectuer une demande de versement qui est généralement validée dans les mois suivants.

-          Quel est l’apport d’un PST pour le PNRC ?

La démarche que propose Sylv’ACCTES s’inscrit totalement dans la ligne politique du Parc, pour renforcer le développement durable sur le territoire, tendre vers une gestion forestière plus vertueuse. De plus, cela rentre parfaitement dans les grands enjeux qui figurent dans notre Charte Forestière de Territoire. Ce travail a aussi permis une réflexion en concertation avec les acteurs forestiers du territoire, qui a été très bénéfique.

Il faut souligner aussi le fait qu’une partie des financements Sylv’ACCTES provient du mécénat, d’entités publiques et privées. Ces dernières, qui souvent se situent dans des bassins de consommation, arrivent à financer des travaux qui ont lieu dans des bassins de production, comme les grands massifs forestiers. Cela permet donc de tisser des liens entre ces différents territoires.

-          Le PST est valable pour quelle durée ?

Le PST a été validé pour trois ans (période 2020 - 2022) ce qui suggère évidemment sa reconduction à ce terme. L’idée est de garder les mêmes itinéraires lorsque nous le reconduirons, afin de garder une certaine cohérence. Il faut aussi souligner que la forêt se gère sur un pas de temps assez long, et qu’il est nécessaire d’être patient pour pouvoir faire des observations et en tirer des conclusions.

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