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06/2020 | 38 - RETOUR SUR LES VENTES PUBLIQUES DE PRINTEMPS

Il convient de commencer par quelques éléments de cadrage. Le catalogue de cette vente a été fortement réduit par rapport à celui de l’année dernière, conformément à l’accord entre l’ONF et les COFOR. En effet, ce sont près de 23 000 m3 qui ont été mis sur le catalogue 2020, contre 49 000 et 70 000 m3 respectivement pour les ventes de printemps et d’automne 2019. Cette baisse drastique a été justifiée pour éviter d’avoir un trop fort taux d’invendus, à cause de la crise des scolytes qui met à mal le marché du bois. Pour les points positifs, il est important de préciser que la totalité des acheteurs voulant participer à la vente ont bien été présents. La plateforme a aussi présenté un fonctionnement fluide, et la conférence téléphonique tenue en parallèle pour les participants a contribué à rendre la vente un peu plus vivante.

Concernant les résultats, toutes forêts confondues, les invendus se sont limités à 44 % des lots, ce qui en termes de volume représente 41 % du catalogue. Ces résultats sont assez encourageants et montrent une efficacité des mesures prises tous ensemble. Afin d’avoir les meilleurs résultats, les très beaux lots ont été privilégiés. Cela se remarque avec la bonne concurrence observée pour les lots vendus, avec une moyenne de 3,4 offres par lot. Les lots invendus, quant à eux, étaient souvent des lots opportunistes, qui déjà en temps normal trouvent difficilement preneur. Si l’on se centre sur l’analyse des résultats de la forêt communale, les taux sont un peu moins bons, mais restent satisfaisants compte-tenu du contexte défavorable. Les lots invendus représentent une proportion de 53 % pour un volume de 52 %. Quels enseignements tirer de cet écart entre la forêt domaniale et la communale ? Tout d’abord, la nouveauté de cette année, inhérente au système en ligne, est que les maires ne sont pas présents et ne peuvent donc pas accepter une offre qui se situerait légèrement au-dessous du prix de retrait initialement fixé. Ces derniers doivent en effet rendre réponse à l’ONF pour soit fixer le prix de retrait de leurs lots, soit accorder aux agents de l’Office cette appréciation. L’ONF a expliqué que leur rôle n’est en aucun cas de brader les bois, et invite alors les élus à faire davantage confiance en leur capacité d’analyse et d’expertise sur ces domaines.

Pour ce qui est du marché bois, on note évidemment une forte concurrence due à l’afflux important de bois scolytés en provenance de l’Est de la France faisant baisser les prix. De plus, les aides au transport permettent à des entreprises de venir de loin pour écouler ces volumes considérables. À titre d’illustration, on a pu noter pour des épicéas scolytés de l’Ain un prix réduit d’environ 22 % par rapport à des épicéas de même qualité venant de Chartreuse. Aussi, la crise COVID a impacté le fonctionnement des scieries et des entrepreneurs de travaux forestiers (ETF). Bien qu’ayant eu des répercussions très diverses selon les entreprises, c’est une baisse d’activité qui a été observée au global. Malgré un ralentissement de la filière bois, celle-ci est toujours active. Mais il est légitime d’avoir des craintes quant à sa capacité à écouler un éventuel flux important de bois scolytés, si le problème venait à prendre de l’ampleur sur notre territoire.

Dans le tableau ci-après, la synthèse des ventes publiques de printemps :

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