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63 - FORÊT ET PCAET, L'EXEMPLE DE THIERS DORE ET MONTAGNE
En mars, la Communauté de communes Thiers Dore et Montagne, deuxième intercommunalité du département par sa surface forestière et son taux de boisement, a officiellement lancé ses démarches TEPOS (Territoire à énergie positive) et PCAET (Plan climat-air-énergie territorial). Lors du forum de lancement et des premiers ateliers organisés en mars, la forêt et le bois ont été largement évoqués...

Dans le domaine de la production d'énergies renouvelables, le bois-énergie a évidemment sa place. Mais les échanges ne se sont pas limités à cette filière. Les participants ont par exemple souligné l'intérêt de prendre en compte les cycles complets des alternatives aux énergies fossiles (recyclage des panneaux solaires, démantèlement des mâts éoliens...) dans les diverses études, ce qui devrait privilégier l'usage du bois en circuit court. Ils ont aussi évoqué la production de biomasse hors forêt (haies agricoles...), le potentiel des bâtiments industriels et donc de l'industrie du bois (surfaces de toitures et de parkings disponibles, process avec récupération de chaleur fatale possible...), et la nécessité de développer un mix énergétique via le développement de réseaux de chaleur, du solaire thermique, du photovoltaïque, de l'éolien de toiture...

Concernant les émissions de gaz à effet de serre, l'habitat résidentiel est l'un des deux secteurs identifiés comme prioritaires (avec les transports). En lien plus ou moins direct avec le bois, il a été question du renouvellement du matériel de chauffage, de l'isolation des bâtiments, de la bioconstruction et du type de combustible. En complément, le stockage de carbone a été abordé en relation avec l'occupation des sols et donc la place de la forêt sur le territoire.

Avec la réduction des polluants atmosphériques, la structuration de la filière bois pour favoriser les circuits courts a été évoquée sous deux aspects. Le premier sur la demande en bois (énergie, construction) et le second sur l'offre avec le remembrement forestier qui permettrait d'améliorer la rentabilité de la gestion forestière et donc la disponibilité de la ressource locale en bois. Le bois est aussi à prendre en compte dans le choix de matériaux plus neutres vis-à-vis de la qualité de l'air intérieur.

La forêt et le bois ont été moins présents dans les échanges sur la réduction de la consommation énergétique, si ce n'est indirectement via les débats sur les circuits courts et les habitudes de consommation, ou sur le choix des matériaux mis en œuvre dans la construction. Il existe aussi des connexions avec l'émission des gaz à effet de serre et les polluants atmosphériques en ce qui concerne les équipements de chauffage domestique (cheminées, inserts...).

Enfin, les échanges sur la vulnérabilité face aux changement climatiques ont fait la part belle à la forêt et au bois. D'une part dans le domaine purement forestier avec l'évolution des forêts déjà perceptible surtout en zone de piémont, qui pose question quant à la vocation de certaines forêts (quelle composition des peuplements forestiers ? quels objectifs de gestion... ?), et en lien avec les risques de feux de forêt et les aménagements qu'ils pourraient nécessiter (coupes-feux, zones de transition entre massifs forestiers et zones urbanisées, retenues d'eau, accès pompiers via la desserte forestière...). Et d'autre part dans de nombreux autres domaines : celui de l'eau (gestion des inondations et des événements climatiques extrêmes en lien avec l'occupation des sols et la présence d'un couvert forestier et de haies), celui de la biodiversité (diversification des milieux pour augmenter leur résilience), celui de l'urbanisme (lutte contre les îlots de chaleur) ou encore celui des transports (dégradation accélérée des ouvrages d'art et des enrobés qui supportent donc moins les poids lourds dont ceux affectés au transport de bois, absence de période de gel qui accentue les risques de dégâts aux voiries et sols forestiers).

En résumé et de manière transversale, on distingue donc déjà quelques grands axes de travail :
  • l'utilisation du bois en tant que matériau de construction,
  • le recours au bois en tant que source d'énergie (en lien avec le développement de réseaux de chaleur et les appareils de chauffage domestique),
  • l'organisation de circuits courts de valorisation du bois,
  • l'adaptation et la résilience des peuplements forestiers,
  • l'occupation forestière des sols (en lien avec la capacité de stockage de carbone, la gestion du ruissellement et de l'érosion et les risques incendies),
  • la prise en compte de la filière bois dans le domaine de l'industrie et des transports.

Les prochaines échéances sont les ateliers thématiques sur le programme d'actions (mai-juin), l'approbation du projet de PCAET (deuxième semestre 2018) et son adoption mi-2019 après saisie de divers avis (autorité environnementale, consultation du public, Préfet de Région, Président du Conseil régional...).

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