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LEVER LES FREINS À LA MOBILISATION DES BOIS : ETUDE SUR LES VENTES PUBLIQUES DU TERRITOIRE « MONTAGNES D’AUVERGNE » (CANTAL, HAUTE-LOIRE, PUY-DE-DÔME)

Dans le cadre du PPRDF (Plan pluriannuel régional de développement forestier), le diagnostic du foncier forestier a notamment mis en valeur les difficultés rencontrés par certaines communes pour commercialiser leurs bois. Une étude de ces problématiques a donc été commandée par la DRAAF. Pour identifier les freins liés à la commercialisation des bois et dégager des solutions à préconiser pour les communes concernées, une analyse des résultats des ventes publiques a été réalisée par les Communes forestières sur le territoire « Montagnes d’Auvergne » (départements 15, 43, 63).

La mobilisation des bois : un enjeu important en évolution

Dans un contexte régional propice au changement d’utilisation des modes de ventes avec la signature du protocole d’accord pour le développement de la vente de bois sur pied à l’unité de produit en Auvergne-Rhône-Alpes et les actions qui ont été engagées en 2017 pour aider à mobiliser plus de bois, notamment sur l’ancienne région Auvergne, un état des lieux sur la situation de la commercialisation des bois en ventes publiques des années 2016 et 2017 a été réalisé sur le territoire « Montagnes d’Auvergne » comprenant les forêts des collectivités des départements du Cantal, de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme. Elle a mis en évidence les problématiques inhérentes au territoire concerné et a permis de dégager des leviers d’actions que les élus pourront mettre en place.

Des chiffres et des caractéristiques

Proportions des volumes vendus et invendus selon le nombre d’offres proposées à la vente

Les taux d’invendus sont très forts, on observe entre 40% et 60% de volumes proposés invendus pour les trois départements. Proportionnellement, c’est le Cantal qui affiche les plus mauvais résultats mais en ce qui concerne le volume, c’est le Puy-de-Dôme qui propose bien plus que les autres, à raison de 55% et 60% du total.

L’analyse conduite sur les lots a eu pour but de hiérarchiser l’influence de certaines caractéristiques par rapport à d’autres et il apparaît que :

  • L’essence la plus proposée mais aussi la moins bien vendue est le sapin pectiné.
  • Bien que  les lots dominés par des individus de classe petit bois se vendent mieux que les autres, la catégorie de diamètre dominante de ces lots n’est pas le facteur le plus influent sur la vente dû à des résultats contradictoires en fonction des années.
  • Les lots issus de coupes de sylviculture irrégulière se vendent le moins bien, ce sont des lots qui sont le plus souvent hétérogènes en diamètre.
  • Les conditions d’exploitation et d’accès à la ressource sont deux freins majeurs à la sélection des lots par les acheteurs. Cela explique les résultats du Cantal, où la plus importante part des forêts des collectivités se situe sur le massif Cantalien, difficile d’accès et marqué par le relief.
  • L’idée selon laquelle les  prix de retrait mis en place par les propriétaires ou l’ONF seraient trop décalés par rapport au cours du marché des bois est fausse. En effet très peu de lots présentent des prix de retraits nettement au-dessus du prix moyen et les invendus « attractifs » (invendus avec 3 offres ou plus) représentent systématiquement moins de 10 % des ventes.

Ces effets identifiés nous permettent de dire que la ressource du territoire est largement suffisante pour alimenter les besoins en approvisionnement du tissu d’entreprises local. Le Fonds Forestier National a largement contribué à cet état de fait puisque la production de bois d’œuvre a largement augmenté dans les années 2005 à 2010.

Une ressource abondante entraîne alors une poussée des prix vers le bas, le sapin pectiné est l’un des meilleurs témoins de cet effet, ainsi qu’une forte accentuation de la discrimination des lots par les caractéristiques les plus contraignantes pour les scieurs, en l’occurrence les conditions d’exploitation et l’accès à la ressource.

Un mode de vente inadapté

Malgré ses résultats, les chiffres de l’ONF temporisent largement la réalité des ventes. En effet, si les proportions d’invendus sont très fortes en ventes publiques, on s’aperçoit que la renégociation sous forme de gré à gré ou de contrat d’approvisionnement permet d’écouler plus de volume et notamment des bois issus de communes cumulant plusieurs caractéristiques non attractives.

Le mode de vente traditionnel en bloc et sur pied via les ventes publiques est donc inadapté à la demande. Différentes alternatives sont proposées en détail dans l’étude, on présente ci-dessous une clé de détermination  récapitulant les solutions proposées pour chaque frein identifié.

Exemple : un lot hétérogène situé sur une pente forte sera mis en vente en tant que bois façonné à l’unité de produit, avec le choix laissé dans la gestion du chantier et pour le mode de vente.

D’autres leviers sont à mettre en place, faisant le lien avec les thématiques principales de travail des Communes forestières, tels que :

  • contribuer à la création de desserte forestière
  • revaloriser la ressource locale grâce à la construction bois, avec des projets portés par l’Association du Bois des Territoires du Massif central et l’Association Bois des Alpes
  • offrir une véritable lisibilité aux élus sur les documents administratifs, au niveau des états d’assiettes mais aussi des ventes en bois façonné
  • travailler sur la mise en place d’un fonds d’amorçage à l’échelle régionale avec la collaboration de l’ONF.

 

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